Voici quelques uns de mes livres-objet.

Tous sont crées à partir detextes de ma soeur Valérie.

j'aime ce cheminement parmis les mots, cette façon d'apprivoiser puis de s'approprier le texte.

je le laisse cheminer en moi, jusqu'à ce que la forme plastique émerge,

alors je donne " corps" au mots

C'est une contrainte que j'aime beaucoup, une manière très différente d'aborder la création

Apprivoiser

 

Tout d’abord,

Apprivoiser l’oxygène

Apprivoiser le froid, le chaud,

Le bruit, les odeurs

Apprivoiser la pesanteur.

 

Puis,

Apprivoiser l’autre,

Les autres,

L’amour,

La haine ;

Apprivoiser les règles du jeu

Dans la joie ou la peine :

Grandir.

 

Alors apprivoiser la simplicité, l’humilité, l’authenticité,

L’amour propre et l’estime de soi,

Dans le respect.

Trouver le point de maturité, goûter la plénitude,

Et, serein,

Apprivoiser sa mort.

 

Palabre

 

Ici

Sous le soleil ardent,

La pression monte.

Les esprits s’enflamment,

Le désir de combattre

Est perceptible,

Les silences lourds.

 

Ici

Le temps est  suspendu

Aux lèvres des partisans,

Mais seule la parole s’élève,

Et tous resteront  égaux

Assis à même le sol,

Dans la poussière.

 

Car ici,

Obéissants

Aux exigences de l’harmonie,

Ils sont venus

Unir leur différence.

 

Car ici,

Nul ne sera perdant.

Tous  sortiront vainqueurs

Et riches d’une solution,

D’un accord.

 

 

J’abaissais un pont-leVIS

Découvrais un paysAGE

Sur lequel tu écriVIS

Un mot fougueux, un mot sAGE.

Charmée par ce que je VIS

Et prête à tous les outrAGES

Passionnée je te suiVIS

Mais jamais au grand dommAGE

À genoux sur le parVIS

Tu ne t’offris en mariAGE.

 

Un peu tard…

Je découvrais tonVISAGE.

 

Jubilatoire

La poésie

 

Qu’elle est belle cette fée en dentelles ;

Elle démêle les tresses

De ce temps que ses frères

Secrètement en détresse

Ne cessent de presser.

Elle enterre les échecs

Même en terre de gelée

Et désherbe les berges

Des rêves extrêmes

Que renferment les êtres

Entre démence et ténèbres

Elle berce les élèves

De ses lettres excellentes

Qu’engendrent tendrement

D’éphémères pensées

Et célèbre les sens

En ces mers éternelles

D’encre légère et zébrée

 JEU DE L’OIE

 

Et pourtant,

Et pourtant nous étions tous égaux

Devant la spirale de l’existence.

 

Plein de courage

Nous sommes entrés dans le labyrinthe

Parsemé de bonheurs

Et d’embûches,

Prêt à affronter les ténèbres

Avec l’espoir

D’en sortir victorieux.

 

Mais le destin,

A façonné nos chemins,

A coups de dés jetés.

 

Nous, nous sommes avancés,

Peut-être un peu trop vite,

Saisissant au rebond

Des occasions néfastes,

Ou enjambant un pont

Perdant notre insouciance.

Quelques fois notre bon sens

Mais surtout notre temps,

Fil d’eau de la vie,

Seul, s’abandonna

Aux bras des hôtelleries ;

Pour faire pénitence

Trouver d’autres ressources

C’est tout au fond un puit

Qu’il nous fallut aller,

Découvrir l’âme sœur

Apportant son concourt,

Et nous nous sommes perdus

Dans le grand labyrinthe

Revenant sur nos pas.

Hésitant un moment,

Nous étions enfermés

Entre bien et mal,

Avec parfois, l’envie

De mourir à demi,

Et renaître à nouveau.

 

Et pourtant,

Et pourtant nous étions tous égaux,

Mais à chaque partie,

Seul,

L’un d’entre nous, en sortait victorieux

Auréolé de lumière ,

De connaissance :

Accompli.

 

                        MOT

Fleur de sang séché,

Tu t’es ouvert soudain aux matins des cavernes.

Prisonnier pour un temps de gorges asséchées,

Tu n’étais qu’une esquisse, le dessin d’une pensée :

Naissance d’une parole qui n’savait voyager.

Puis sur des peaux de bêtes et des fleurs fanées,

Tu as pris ton envol

Et avec excellence tu t’es propagé.

Longtemps dénudé, tu t’es couvert peu à peu,

Et parfois endimanché de symboles dorés.

Tu devins trait d’union entre les hommes.

Partageant avec eux leurs folles ambitions

Tu te fis l’étendard de leur évolution

Et tu fus bien souvent...sujet à leur révolte.

En toi retentit l’écho de leur propre vanité.

Quand, bien ou mal ajusté , tu servis leur pouvoir

Quand ils te travestirent avec leurs croyances.

Ainsi ils t’emmenèrent sans plus de retenue

Voguer sur l’étendue de toutes leurs émotions.

Et tu en rencontras dévorés de passion.

Fils de Polymnie, d’Erato, de Thalie

Ou bien de Melpomène, tous, tous

Te couchèrent, sur leurs divins poèmes

Qui traversant le temps sont encore présents

Et toi, fleur de sens, pour l’éternité

Tu demeures en ton écrin :

La Poésie.

C’est quand ils sont vieux

Que les torchons de cuisine essuient le mieux.

Ils se sont adoucis aux tambours des machines,

Et on les reconnaît du bout des doigts,

A l’usure de leur trame.

Comme ils gagnent en souplesse,

Ils cherchent la compagnie des recoins et des angles,

Où rien ne leur échappe,

Où ils ne laisseront, jamais, aucune trace.

Ils connaissent leur besogne, ces fidèles compagnons

Qui partagent avec nous tous ces moments ingrats.

Aussi, il est bien difficile, de s’en séparer :

Mais posséder des torchons troués

Est une chose qui n’se fait pas.

Alors,

On leur offre, comme pour s’excuser

Une nouvelle vie, une vie décousue,

En chiffons à tout faire.

On y pense encore un peu,

Mais l’respect n’est plus là !

Et ils finiront seuls,

Recroquevillés au coin d’un l’atelier,

Tous graisseux de cambouis

Au fond de notre oubli.

Les cris

 

Elle est la prière

Qui décide et libère

Les maux laissées en jachère.

Elle est le bel exutoire

D’un bien trop lourd héritage

Que l’on nomme le passé.

Elle est l’offrande

Faîte à l’âme quoi quémande

Un peu de sérénité.

Mais elle est aussi l’orage

Qui malmène les ancrages

Et assène la vérité.

Alors elle devient l’otage

D’un bien incertain partage

Que l’on tient hors de portée :

 

Cette écriture là 

Aven